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Retour sur l’identité nationale
La France s’est toujours voulue
une terre d’accueil généreuse.
Et elle l’est. Ce n’est pas par
hasard si de très nombreux
étrangers fuyant la pauvreté
choisissent notre pays comme
destination.
Mais cette hospitalité exige à la
fois des limites et le respect de
certaines règles. Tout d’abord
car, comme l’avait dit voici vingt
ans un ancien premier ministre socialiste, “la France ne
peut pas accueillir toute la misère du monde”. L’un des
devoirs majeurs d’un Etat est de venir en aide aux siens
dans la difficulté. “Charité bien ordonnée commence par
soi-même” dit le dicton. Ce n’est nullement de l’égoïsme
mais du bon sens. Avec près de 3 millions de chômeurs et
de nombreuses familles en situation de précarité, les déficits
de nos systèmes de protection sociale, la crise du logement…
il serait irresponsable d’inciter des populations
étrangères à venir chercher en France une “générosité
sociale étatique” aujourd’hui fragilisée. On ne peut offrir ce
que l’on n’a pas ou plus ! La France n’est pas un Eldorado
aux ressources inépuisables.
Sachant aussi que le rêve français ou européen reste vivace
chez bien des Africains et des Asiatiques, et qu’il enrichit
avant tout des trafiquants et passeurs sans scrupules, il est
important de lutter contre les filières illégales d’immigration
et d’être sans complaisance avec les étrangers “sans
papiers” c’est à dire rentrés illégalement en toute connaissance
de cause en France.
Mais, si notre pays doit fortement réduire et encadrer l’arrivée
de populations étrangères sur son sol, ce n’est pas seulement
parce qu’il souffre de difficultés économiques. C’est
aussi parce que l’intégration, ou l’assimilation, de certains
immigrés s’avère compliquée. Il faut avoir le courage et la
lucidité de le reconnaître. Ce n’est pas en évitant de se saisir
d’un problème qu’on se donne les moyens de le résoudre.
L’intégration, c’est ce qui permet à des étrangers de se sentir
acceptés et acteurs au sein d’une communauté nationale
et de l’être réellement. Concrètement, cela passe inévitablement
par l’appropriation de la culture, des moeurs et des
modes de vie du pays d’accueil par les immigrés et leurs
descendants. Sans pour autant renier leurs racines et leurs
valeurs, il est nécessaire que les étrangers souhaitant s’établir
en France vivent “à la française”. Il est, par exemple, évident
que la maîtrise de la langue française et son apprentissage
sont une première condition pour ceux qui désirent
s’installer dans l’hexagone.
De même, certaines pratiques contraires à la conception de
la vie en société en vigueur dans notre République ne peuvent
être tolérées : la burqa, la polygamie, l’excision, les
horaires de piscine réservées aux femmes pour des raisons
religieuses… ne peuvent ainsi qu’engendrer bien des incompréhensions,
des discriminations, des réactions identitaires,
et enfin un repli mutuel.
Ceci étant dit, je connais légion d’exemples de jeunes issus
de l’immigration ayant admirablement réussi leurs études
ou leur formation comme leur vie sociale et familiale et qui
sont devenus des éléments actifs et motivés de notre communauté
nationale. On ne parle pas assez de telles réussites.
Et l’un des plus riches moments de l’année est toujours
pour moi l’accueil que me réservent le 11 novembre les
membres de l’Association des musulmans de Compiègne
dans leur mosquée parée aux couleurs de la France. Aucune
foi ne doit être confondue avec ses dérives et ses excès…
Comme la citoyenneté repose sur un équilibre entre droits
et devoirs, l’intégration ne peut s’envisager sans efforts de
la part de ceux qui veulent devenir Français. Si Marianne est
généreuse et tolérante, elle ne peut tout accepter et doit
d’abord être respectée par ses invités. C’est la dignité et la
responsabilité d’une nation que de savoir affirmer son
identité. Et c’est une identité forte qui permet précisément
d’intégrer…
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