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  DECOUVRIR > Histoire et patrimoine > Histoires de Compiègne
 
Une ville royale et impériale

     Le site de Compiègne dit alors Compendium, a été fréquenté constamment par nos souverains depuis les fils de ce Clovis -en fait notre premier Louis puisque Ludovicus est une forme archaïque de ce nom- dont on va commémorer le baptême cette année.

     Nous reviendrons sur le héros fondateur de la monarchie française, chrétienne et romaine. Maison de chasse depuis le milieu du VIème siècle, Compiègne est reconnu, à partir du règne de Dagobert (629-638), comme l'un des sièges principaux du gouvernement itinérant des rois francs, mérovingiens puis carolingiens.

     Cependant Compiègne n'apparut sous la forme naissante d'une ville, avec un commerce dû aux pèlerinages, qu'à partir de la fondation de la collégiale Sainte-Marie, future abbaye Saint-Corneille, par le petit-fils de Charlemagne, Charles le Chauve. La consécration solennelle de la collégiale, le 5 mai 877, peut-être considérée comme l'acte de naissance de notre cité.

     Or depuis la Noël 875, Charles le Chauve couronné à Rome par le pape, était empereur. Compiègne fut donc d'abord et pendant plus de trois siècles une résidence royale mais la ville naquit en tant que cité impériale ; ce devait même être la nouvelle capitale de l'Empire d'Occident, sous le nom de Carlopolis ; déjà Aix-la-Chapelle, la capitale de Charlemagne, avait partagé avec elle son trésor de reliques.


     Le rêve d'un empereur vite évanoui, Compiègne, restaurée par Charles le Simple, demeura la capitale des derniers carolingiens puis une résidence aimée de tous les capétiens, la plupart attirés par sa vaste forêt giboyeuse. Quatre rois y furent sacrés, trois inhumés.

     Notre ville sera donc royale sans conteste pendant la plus grande partie de son histoire. Philippe 1er y fonda cette foire de Mi-Karesme si longtemps prospère ; Louis VI octroya une sauvegarde et Louis VII la charte communale ; Philippe Auguste acheva ses remparts ; Saint-Louis reconstruisit son Hôtel-Dieu avec le pont voisin et accueillit les moines mendiants ; Philippe le Bel établit l'abbaye de Royallieu dans une résidence remplaçant provisoirement le château abandonné autour de la Grosse Tour ; Jean le Bon y créa le franc ; le futur Charles V s'y réfugia et y convoqua des Etats généraux, devenu roi il y prépara la reconquête de Duguesclin et y choisit l'emplacement du château actuel ; Charles VII s'y imposa au lendemain du sacre de Reims voulu par Jeanne d'Arc ; François 1er perça la forêt ; Henri II améliora ses fortifications ; Henri III et Henri IV y trouvèrent la ville la plus fidèle ; Louis XIII et Richelieu y préparèrent la prépondérance française en Europe ; Louis XIV, après s'y être réfugié enfant au temps de la Fronde, y affirma sa puissance au camp de 1698 ; Louis XV transforma le château en un vaste chantier et la ville devint alors une capitale estivale.

     De 1774 à 1848, les trois petits-fils du Bien Aimé et leur cousin Louis-Philippe devaient poursuivre le plan dont s'était chargé Gabriel, sans d'ailleurs pouvoir l'achever, interrompu qu'il fut par la Révolution qui finit couronnée par l'Empire.

     Napoléon dépensa beaucoup d'argent dans sa demeure compiégnoise, mais en fait il y passa très peu de temps. L'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie donnèrent leur dernier éclat aux séjours de la cour, avec les « séries » d'automne . Compiègne n'a donc été cité impériale qu'avec l'acte symbolique de sa fondation et lors des règnes courts et brillants, mais interrompus si tragiquement, des Bonaparte.

     Compiègne fut ainsi cité impériale et royale, avant de n'être plus qu'un simple chef-lieu d'arrondissement des républiques qui se sont succédé depuis 1870, délaissée par les chefs de l'Etat ; les présidents Mac-Mahon et Loubet vinrent cependant chasser dans le Grand Parc mais sans s'installer au château qui ne retrouva les fastes de jadis que du 18 au 21 septembre 1901, en l'honneur du tzar et de la tzarine.

     Est-il besoin de rappeler que notre ville joua cependant un rôle extraordinaire, heureux ou malheureux, pendant les deux guerres mondiales. Nous verrons la prochaine fois le sens des termes château et palais, parfois équivoques, mais devant cependant être distingués et employés avec le plus de précision possible.


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