L'histoire de la musique commence à Compiègne au souffle des orgues hydrauliques envoyées, en 757, par l'empereur de Constantinople au roi des Francs, Pépin le Bref. Le musée Antoine Vivenel conserve divers objets ayant appartenu au dernier organiste de Saint-Corneille, Albin Nocq. Violons du roi, fanfares de chasse, maîtrises des églises, concerts de salons, firent place sous la Révolution aux marches militaires et aux hymnes patriotiques. Le Compiégnois Jean Henry Guy s'y distingua mais fut aussi le librettiste de Grétry (Anacréon chez Polycrate, en 1797, Delphis et Mopsa, en 1802), et de compositeurs moins connus, tels que Henri Montan Berton, Pierre Gaveaux et Anton Reicha. Ces opéras-comiques mériteraient-ils d'être exhumés par le Théâtre Impérial ?
On connaît assez mal les diverses formations orchestrales qui se sont succédé aux XIXème et XXème siècles. La musique de la Garde Nationale se maintint de 1789 à 1870, relayée à partir de 1863 par l'Orphéon. Les Enfants de Compiègne, fondés en 1874, et la Jeanne d'Arc, fondée en 1884, fusionnèrent en 1896, pour former sous la baguette de Cavaillé-Massenet, l'Harmonie municipale, toujours bien vivante, sous son chef, Alain Rémy. D'autres formations jouèrent surtout au Théâtre municipal, rue Vivenel, ou pour des oeuvres de bienfaisance ; telles la Société Philharmonique, fondée en 1816 par Lessieux, et dirigée de 1866 à 1881 par Adolphe-Joseph Hennecart, ou encore l'Orchestre symphonique, fondé en 1887 et dirigé par Desloges. Valentin Delvincourt, au lendemain de la dernière guerre, fit le succès de l'Orchestre à cordes, dont la tradition a été reprise par l'Orchestre de Compiègne.
Bien des chorales se sont succédé, en passant par la chorale compiégnoise, fondée en 1886, jusqu'aux diverses formations actuelles. Si les trompes de chasse résonnent toujours, les musiques régimentaires se sont tues ; elles avaient été pourtant très populaires, avec les « retraites » vespérales, ou les concerts donnés régulièrement dans le parc du château.
La possession d'un piano, comme celle du baccalauréat, était un brevet de bourgeoisie ; cet instrument, mais aussi le violon, était enseigné au collège municipal par des maîtres attitrés. Il y eut même assez longtemps au siècle dernier, un orchestre formé par les élèves, qui jouait à la Saint-Charlemagne et surtout à la distribution solennelle des prix. Depuis 1844, un cours municipal gratuit de musique vocale était suivi par tous les élèves des écoles primaires, et un cours de musique instrumentale offert aux volontaires. Ce cours était donné dans une salle de l'ancien Hôtel-Dieu, désaffecté depuis 1894. En 1973, s'ouvrait l'école de musique qui, dix ans plus tard, disposa de ses propres locaux ; elle prospère sous la direction de Gilbert Laverdure.
Des cours de musique ont été créés par des communes voisines de Compiègne, certaines se regroupent dans l'atelier musical de Choisy-au-Bac. Il est vrai que cette bourgade est depuis longtemps privilégiée par l'action des Binder-Mestro et les séjours de Léo Delibes et d'Alexandre Georges ; c'est aussi le pays natal d'Hélène Bouvier, dont la carrière se déroula en partie à l'Opéra de Paris.
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