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Nos anciens hôpitaux

     L'Eglise enjoint de voir dans le malade ou dans le pauvre une image du Christ ; le riche doit subvenir à leurs besoins et assure ainsi son salut, grâce aux prières de ceux qu'il secourt. Dépendances de la collégiale Sainte-Marie, devenue abbaye Saint-Corneille, les premiers établissements hospitaliers compiégnois semblent remonter à Charles le Chauve plutôt qu'à saint Eloi. Saint Louis va refonder, très généreusement cet Hôtel-Dieu Saint-Nicolas dont les bâtiments subsistent en partie, face à la grosse Tour du Roi. Le saint roi transporta le premier malade dans un drap de soie, avant de prendre soin lui-même des lépreux. Pendant longtemps les remèdes essentiels furent d'avoir chaud, de dormir dans un lit, d'être nourri et lavé, d'être consolé.

     Saint-Nicolas le Petit (sur l'actuelle rue Fournier Sarlovèze, près du carrefour de la Grande Croix d'Or) était à la fois asile de nuit et pensionnat pour les enfants de la maîtrise de Saint-Corneille. Saint-Jean le Petit (au n°8 de l'actuelle rue de l'Etoile) entretenait treize pauvres. La maladrerie Saint-Lazare (au coin de la rue de la Madeleine), fut le plus important des nombreux établissements enfermant les lépreux. La Table-Dieu des pauvres, secourait les malades mais surtout les prisonniers, les mendiants, et à leur domicile, les miséreux.

     Un nouveau réseau hospitalier se mit en place au milieu du XVIIème siècle, celui des hôpitaux généraux, sortes d'hospices-ateliers où l'on devait en principe enfermer tous les mendiants ; ce furent surtout des asiles pour les enfants et vieillards abandonnés, ainsi que pour de nombreux malheureux temporaires ; la pire sanction en était l'exclusion.

     Les bâtiments furent construits à partir de 1660, sur un vaste terrain qui est encore celui de l'hôpital actuel. Géré par la Table-Dieu, l'hôpital général bénéficia de la réunion de Saint-Jean le Petit et des maladreries voisines, depuis longtemps vidées par la disparition de la lèpre. Si l'Hôtel-Dieu, soignant les malades et accidentés, continuait à être desservi par les religieuses augustines, l'Hôpital général fut tenu par des filles dévotes puis par les soeurs de l'Enfant-Jésus.

     La tourmente révolutionnaire provoqua le départ des augustines, qui d'ailleurs le souhaitaient depuis assez longtemps, et leur remplacement par les Filles de la Charité, d'abord contraintes de revêtir l'habit laïc. L'Hôtel-Dieu échappa d'ailleurs de justesse à la confiscation et son administration fusionna avec celle de l'Hôpital général, où les Filles de Charité s'installeront peu après. Jusqu'au milieu du XXème siècle, les dons charitables jouèrent un rôle important et l'esprit de la règle médiévale subsista longtemps. En 1894, l'Hôtel-Dieu fut réuni à l'Hôpital général, augmenté de plusieurs pavillons de briques. Une nouvelle crèche, dédiée à Sainte-Elisabeth, fut construite grâce au don Baudouin. Le maire Fournier-Sarlovèze établit, en 1923, une clinique chirurgicale dans l'ancien établissement des soeurs de Saint-Joseph de Cluny.

     L'évolution des techniques médicales rend les soins de plus en plus coûteux (appareils, médicaments, personnel), et les dernières soeurs sont parties en 1971. L'Hôpital n'est plus ouvert aux seuls indigents et la notion d'assistance publique est remplacée par celle de sécurité sociale. Les structures administratives, de même que l'architecture hospitalière, ont complètement changé. Le déplacement du Centre hospitalier vers le site de Mercières, rupture apparente, est la suite d'une longue histoire.


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