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  DECOUVRIR > Histoire et patrimoine > Histoires de Compiègne
 
Du lieu-dit Compendium à la ville de Compiègne

     L'Oise s'écoulait par des bras divaguant dans une large zone marécageuse, elle formait à la fois un « chemin qui marche », selon Pascal, et une frontière très ancienne, séparant notamment les peuples gaulois des Bellovaques et des Suessions, auxquels succédèrent les cités gallo-romaines du même nom, elles-mêmes à l'origine des diocèses de Soissons et de Beauvais. La croix, au milieu du pont Louis XV, indique encore la limite de ces diocèses jusqu'à la formation des départements, en 1790. En aval de leur confluent, le destin de Compiègne est lié d'abord au gué sur l'Oise, à proximité de l'actuelle chaufferie du Clos des Roses, secondairement au gué sur l'Aisne, en amont de l'actuel pont de Choisy-au-Bac. Sur une légère ondulation, hors de la zone inondable mais proche de la rivière, le quartier du Clos des Roses recouvre un bâtiment romain, peut-être poste de garde du gué menant à Venette ; de la même époque, il y avait une assez importante agglomération près du carrefour du Buissonnet, vers le gué de l'Aisne. Le terme de compendium désignerait un raccourci partant sans doute de Champlieu et rejoignant par Venette, soit Beauvais, soit Amiens. L'église de Saint-Germain, plusieurs fois reconstruite, pourrait succéder à un oratoire païen ; un autre sens du mot compendium (oratoire de carrefour, selon G.P. Woimant) le confirmerait.

     Le terroir de Compiègne était déjà sans doute un fisc romain, c'est-à-dire un domaine impérial, en tout cas on ne le connaît qu'appartenant au domaine direct des souverains francs, puis français. La villa royale, faisant alors fonction de maison de chasse, où mourut, en 561 Clotaire 1er, se trouvait peut-être à proximité de l'oratoire Saint-Germain, mais ce n'est pas là que devait naître et se développer la ville. Le véritable site de Compiègne -Jean-Claude Blanchet, grand patron de l'archéologie, y insiste justement - c'est l'éperon qui domine l'Oise et culmine aux actuelles places du Change et de l'Hôtel de Ville. Les fouilles sur le versant nord de cet éperon, c'est-à-dire place du Marché, renseignent sur l'évolution du centre historique de notre ville. Martine Petitjean a su conjuguer ces fouilles archéologiques dont elle avait la charge, avec les données des archives et des travaux historiques.

     Sur le versant de cet éperon, nous sommes bien dans la prestigieuse aire palatiale dont le centre, non fouillé, devait se trouver plus haut. Un bâtiment rectangulaire, avec colonnes de marbre et vitraux, date au plus tôt de Pépin le Bref, ou Charlemagne ayant peu séjourné ici, de Louis le Pieux sinon même Charles le Chauve, fondateur de l'abbaye Saint-Corneille. Les deux fossés méridionaux marqueraient un resserrement des constructions protégées par un castellum, voulu par l'empereur Charles le Chauve, contre les Normands, qui d'ailleurs incendièrent la ville naissante par deux fois. Les bâtiments furent reconstruits par Charles le Simple ; ce sont les murs dont l'appareil est en « arête de poisson ». Malgré le rempart, datant sans doute aussi du même Charles le Simple, l'empereur germanique Otton II ravagea, en 978, ce qui était alors la capitale du royaume franc, notre future France.

     La fin du XIème siècle et le XIIème siècle , après la descente du château royal capétien au bord de l'Oise (il en reste la Grosse Tour), verront s'affronter l'abbaye et la commune naissante, sur cette Cour le roi qui est à l'origine complexe de la place du Marché. 
    
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