La communauté comprenait, en 1789, vingt et une religieuses. Cinq d'entre elles ont échappé au martyre. En effet, deux sont mortes auparavant (l'une en février 1791, étant encore au carmel, l'autre en octobre 1792, dans le refuge de la Rue Neuve, actuellement du président Sorel) et, en mars 1794, trois autres sont parties, deux pour Rosières en Santerre dont l'une était originaire (trois carmélites y étaient nées dont les deux décédées), une pour Paris ; cette dernière relatera le drame, c'est Madame Philippe, soeur Marie de l'Incarnation, fille naturelle du prince de Conti.
Parmi les seize martyres bienheureuses, on compte onze soeurs de choeur dont l'une était encore novice (soeur Constance), trois converses, chargées en principe des travaux ménagers (Mesdames Dufour, Roussel et Vérolot), deux tourières de l'extérieur (Catherine et Thérèse Soiron) qui pouvaient être considérées comme laïques car gagées et n'étant pas passées par le noviciat, donc non liées par des voeux.
Cinq d'entre elles étaient nées en Picardie, soit trois à Compiègne (Madame Trésel dont la famille était acquise aux idées révolutionnaires, et les deux soeurs Soiron), une à Mouy (Madame Thouret), une à Fresnes-Mazancourt, près de Rosières (Madame Roussel); trois sont parisiennes (Mesdames Lidoine, de Croissy et Piedcourt) et une de Saint-Denis (Marie-Geneviève Meunier, soeur Constance); deux viennent du diocèse d'Evreux (Mesdames Brard et Crétien de Neuville), une du Maine (Madame Dufour), une du Quercy (Madame Pelras) et trois de l'Est (Mesdames Brideau, Hanisset et Vérolot).
Deux soeurs sont très âgées car nées en 1715, Mesdames Piedcourt et Thouret. Les quatre plus jeunes se suivent de 1760 à 1765, Mesdames Pelras, Philippe, Vérolot et Meunier. Les dix autres s'échelonnent de 1736 à 1752. La seule « venue du monde » était Rose Crétien de Neuville, soeur Julie Louise de Jésus, ancienne veuve éplorée.
Les deux plus fortes personnalités sont la prieure, Madame Lidoine, mère Thérèse de Saint-Augustin, et la maîtresse des novices et ancienne prieure, Madame de Croissy, mère Henriette de Jésus. La plus fantaisiste serait Madame Brard, soeur Euphrasie, cousine du métromane Mulot, dit de la Ménardière. La plus belle, était-ce Madame Pelras, soeur Henriette de la Providence, ou plutôt Thérèse Soiron ? Toutes, si différentes qu'elles fussent, animées par le même amour, assumèrent leur sacrifice « pour la paix de l'Eglise et de l'Etat ».
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